Un mois, quatre éditions, trente-six heures de travaux, vingt politiciens et des pistes pour réformer la Suisse… Le laboratoire politique a bel et bien permis de faire ressortir le « Génie suisse » sur des thématiques aussi différentes que l’intégration des étrangers, la fiscalité, l’avenir des retraites ou le développement durable. Un Génie suisse qui permet aux différentes forces politiques de nouer des compromis.
Proche d’un travail de commission, l’expérience s’en distingue toutefois sur un point central. Les rapports de force ne sont pas les mêmes qu’au Parlement, puisque les cinq principaux groupes parlementaires ont eu chacun un représentant, à chaque fois. Ce qui signifie que les politiciens présents n’ont pas eu à subir le poids de groupes adverses plus puissants que le leur. Mais aussi qu’ils n’ont pas dû plier face aux pressions de leur propre groupe comme cela leur arrive parfois en commission. Ce qui explique aussi que les représentants de la polarisation, particulièrement l’UDC, sont davantage entrés en matière sur les pistes débattues.
Un contexte particulier donc, un climat de travail différent et aussi une durée totalement inhabituelle pour ces politiques si souvent surchargés. Réunis ainsi dans le cadre préservé du laboratoire, ils ont pu prendre le temps d’approfondir, de réfléchir et de chercher les points de convergence, sans bien sûr se renier sur leurs convictions. Inscrits dans cette dynamique particulière, les politiciens ont joué le jeu. En dépit de la campagne électorale et de la présence des caméras, pas de rodomontades ou d’effets de manche. Ouverts au dialogue et à la recherche de solutions, les politiciens n’ont pas cherché à faire monter les enchères pour se profiler de manière dogmatique.
A défaut de solutions miracles – mais en politique qui croit au miracle ? – les quatre éditions de « Génie suisse » ont conduit à des rapprochements, à des convergences, à des pistes de solutions. On peut penser aux forfaits d’impôts, à la nécessaire flexibilisation de l’âge de la retraite, à la convention d’intégration ou encore au recours à l’argent de la route pour financer les transports publics. Autant de pistes que vous retrouvez sous chacune des journées… Autant de pistes que les participants tenteront peut-être de faire avancer au sein de leurs familles politiques respectives.
Sans oublier, l’exercice de transparence mené par ces politiciens. Ils ont donné à voir aux citoyens-internautes leur façon de fonctionner : leurs outils pour convaincre, les arguments qui les font se rallier dans ces moments où ils lâchent du lest pour permettre à une solution d’émerger. Ou, au contraire, ces points plus existentiels sur lesquels ils ne peuvent rien céder. Une expérience originale qui va donc dans le sens du développement de la démocratie sur Internet, avec ce qu’elle comprend de possibilités interactives pour le citoyen. Un terrain encore largement en friche en Suisse. Une terre presque vierge sur laquelle construire de nouveaux laboratoires politiques ?
| - | Martine Brunschwig-Graf, conseillère nationale libérale qui a participé à la journée consacrée aux retraites du 14.05.07. |
| - | Jean-Christophe Schwaab, socialiste vaudois, député au Grand Conseil qui a participé à la journée consacrée au développement durable du 21.05.07 avec des jeunes politiciens actifs sur MonElection.ch |
| - | Jean-Loup Chappelet, directeur de l'IDHEAP (Institut des Hautes Etudes en Administration Publique). |
| - | Pierre-Han Choffat responsable de l'opération à la Radio Suisse Romande |